
La deuxième saison d"In Treatment" - cet ovni télévisuel comme seul HBO en produit et diffuse - explore de manière encore plus approfondie la relation psy-patient que la première.
Paul Weston, le psychothérapeute remarquablement incarné par le trop discret Gabriel Byrne est confronté à des êtres dont les failles reflètent siennes. Affaibli par ses nombreux problèmes personnels, Paul peine à maintenir la distance du thérapeute et se laisse progressivement déborder par les soucis de ses patients. La carapace du psy est tombée et derrière c'est l'homme qu'on voit de plus en plus : un homme blessé, en proie au doute et incapable de protéger son territoire. Car ce qui est intéressant dans cette saison, c'est la manière dont Paul cède du terrain face à ses patients, au figuré comme au propre. Je m'explique, et pour ce faire je vais convoquer ma propre expérience de thérapie.
Quand j'allais voir ma psy chaque semaine, j'étais frappée, voire intimidée par l'atmosphère solennelle qui régnait dans la salle d'attente. La musique classique qui s'échappait des haut-parleurs discrets et les livres d'art à disposition des patients participait sans nul doute à cette ambiance sérieuse, presque effrayante. J'avais le sentiment de pénétrer dans un sanctuaire étrange. Si par hasard un ou une autre patient se trouvait assis à mes côtés nous respections un silence absolu, comme si toute parole était interdite, sacrilège. J'étais impressionnée de ne jamais entendre un seul bruit venant du cabinet tout proche, comme si les murs étaient complètement insonorisés. Le dispositif mis en place par ma psy garantissait une discrétion maximum : une sonnette l'alertait de l'arrivée de son prochain patient qu'une fois la session terminée elle allait chercher elle-même, après avoir préalablement raccompagné fidèlement à la porte le précédent selon un rituel codifié fascinant. Ce dispositif était remarquable par son "étanchéité" : il permettait en effet de maintenir une séparation stricte entre chaque patient et entre chaque session. Cette méthode très bien rôdée frappait au début, puis vous emplissait d'une sérénité nécessaire au travail thérapeutique.
Une fois introduit dans le cabinet, parfois à l'issue d'une longue attente, la séance était tout aussi codifiée : on s'asseyait sur une chaise raide mais munie d'accoudoirs comme chez un médecin. Une fois bien assis, la ceinture bien attachée pourrait-on dire, commençait alors le dialogue thérapeutique. Pour ma part j'avais l'impression qu'une brèche s'ouvrait dans l'espace et que j'étais comme aspirée dans un univers intermédiaire où rêves et émotions règnent, dénudés. Je sortais de ces séances épuisée, à vif, le coeur au bord des yeux, les larmes au bord du coeur...
Bref.
To be continued...
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